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La Piste des chants (cinq chansons amérindiennes pour maîtrise et orchestre)

2018

Maîtrise et orchestre

20 min

• Première audition : 11/02/2018, Auditorium de Radio France, Paris (France) – Maîtrise de Radio France, Sofi Jeannin (chef de chœur), Orchestre philharmonique de Radio France, Mikko Franck (direction).

• Commande : Radio France.

• Éditeur : Gérard Billaudot.

« Biké hatali haku » [Venez sur la piste des chants] : ce sont par ces mots que s’ouvre un cérémonial de la tribu des Navajos. C’est donc par cet appel du maître des chants que débute cette pièce pour chœur d’enfants et orchestre. Elle s’appuie sur cinq textes poétiques de tribus indiennes d’Amérique du Nord. Chacun des textes nous parle à sa manière de la fusion qu’il faut retrouver entre l’homme et la nature, que ce soit par des incantations à la Beauté qui nous entoure et nous fait avancer qui ouvre ce cycle ou encore par des poésies métaphoriques qui s’apparentent à de véritables méditations philosophiques sur les étapes de la vie, de la perception du souffle à son extinction. Se succèdent dans la pièce le bison, le coyote et le caribou, avant un final qui semble extrait d’une « Genèse » animiste, véritable hymne à la vie de la nature.

Thierry Escaich

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I
Biké hatali haku,
Saa nagai bike hozhon.

La belleza delante de mí me hace caminar,
La belleza detrás de mí me hace caminar,
La belleza debajo de mí me hace caminar,
La belleza a mi alrededor me hace caminar,
Sintiendo la vida me hace caminar,
De nuevo vivo me hace ca-mi-nar
Realizado en belleza.

II
¿ Qué es la vi-da ?
El brillo de una luciérnaga en la noche,
El bufido de un bisonte en invierno,
La pequeña sombra que corre por la hierba
Y se pierde al anochecer.

III
Coyote el Loco ha venido
las manos rojas, la boca roja,
¡ Collar de ojos !

Coyote el Loco
corre como un loco
¡ Y el viento del este grita !

El alba me descubre,
el alba del este descubre
el sentido de mi canto :
la boca manchada de sangre
Coyote el Loco ha venido ;

Ah ! Tirus takawaha – heyo !
Tiratpari – ho !
Tatara kitawira – he-yo !
Hawa rerawira – he-yo !

IV
Una vez quise ser
un caribú.
Tumbado en el suelo, dormía
junto a mi sombra
Entonces llegaste tú
diciendo que el sol había entrado en tu boca
¡ diciendo que tenías sed !
Quise enviarte a donde pudieras beber lágrimas.
Era un lago
en el que todo el mundo lloraba
un lago lleno de lágrimas.
Por la noche
algunas lágrimas se fueron
a buscar caras tristes
para deslizarse por ellas.
Entonces todo el lago se puso a llorar.
Algunos dijeron que eran los somormujos.

V
¡ Niebla, Rayo, Torbellino !
El polvo en el torbellino,
El torbellino en la Montaña,
Suenan las rocas ;
Suenan en las Montañas

Padre, enséñame el camino
He venido a ver a mis amigos
He venido a ver los bailes

La legión de los Espíritus llega, dicen
Vienen con la nueva tierra, dicen

El viento,
Este viento
Agita mi tipi
y canta esta canción para mi.

 

I
Biké hatali haku, 
Saa nagai bike hozhon.

La beauté devant moi fasse que je marche
La beauté derrière moi fasse que je marche
La beauté au-dessous de moi fasse que je marche
La beauté tout autour de moi fasse que je marche
Avec un sentiment de vie fasse que je marche
À nouveau vivant fasse que je marche
Accompli dans la beauté

II
Qu’est ce que la vie ?
C’est l’éclat d’une luciole dans la nuit,
C’est le souffle d’un bison en hiver,
C’est la petite ombre qui court dans l’herbe
Et se perd au coucher du soleil.

III
Coyote-le-Fou est venu
mains rouges, bouche rouge
collier d’yeux !

Coyote-le-Fou
chante fou
et le vent d’ouest crie !

L’aube me découvre
l’aube de l’est me découvre
le sens de mon chant :
la bouche tachée de sang
Coyote-le-Fou est venu.

Ah ! Tirus takawaha – heyo !
Tiratpari – ho !
Tatara kitawira – he-yo !
Hawa rerawira – he-yo !

IV
Une fois je me voulus
caribou.
J’étais étendu par terre et je dormais
avec mon ombre
Et c’est alors que tu es arrivé
disant que le soleil t’était entré dans la bouche
disant que tu avais soif !
Je voulus t’envoyer là où tu boirais des larmes.
C’était un lac
dans lequel tout le monde pleurait
un lac rempli de larmes.
À la nuit
quelques larmes s’en allèrent
à la recherche de visages tristes
pour s’y répandre.
Alors tout le lac se mit à pleurer.
Certains dirent que c’était les grèbes.

V
Brouillard ! Éclair ! Tourbillon !
La poussière dans le tourbillon
Le tourbillon sur la montagne
Les rocs sonnent
Ils sonnent dans les montagnes

Père, montre-moi le chemin
Je suis venu voir mes amis
Je suis venu voir les danses

La légion des esprits avance, dit-on
Ils viennent avec la terre nouvelle, dit-on

Le vent
Ce vent
Secoue mon tipi
​Et chante ce chant pour moi

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