Trois Études impressionnistes

2010/2012

Piano

10 mn

• Éditeur : Gérard Billaudot.

1. Intermezzo, hommage à C. Debussy (2 mn 50 s)

• Première audition : 4/02/2012, dans le cadre de Debussy poète de la modernité, amphithéâtre du musée de la Musique (Cité de la Musique), Paris – Hugues Leclère.
• Commande : festival Nancyphonies, avec le soutien de la Fondation Francis et Mica Salabert.

2*. (2 mn)

• Première audition : 28/03/2011, Théâtre de l’Athénée, Paris – Claire-Marie Le Guay.
• Commande : M. et Mme Bouquot, Mme Fleish, M. et Mme de Gastines, M. et Mme Oudet, M. et Mme Rouche.

3. Hommage à H. Dutilleux (4 mn 20 s)

• Première audition : 24/06/2010, église Notre-Dame, Auvers-sur-Oise – Claire-Marie Le Guay.
• Commande : Festival d’Auvers-sur-Oise.

* Étude sans titre

Après le cycle des Études baroques, écrites peu de temps auparavant, ces trois pièces sont autant des études compositionnelles que des pièces destinées à travailler un aspect particulier de la technique pianistique.

La première, Intermezzo, est un lointain écho de deux préludes de Claude Debussy : Bruyères et Général Lavine, dont elle emprunte quelques motifs thématiques afin de les relier. À l’aide de l’utilisation de la troisième pédale du piano, qui permet de libérer les mains alors que certains sons ou accords restent tenus, on assiste à une polyphonie de textures qui souvent s’entremêlent dans un flux organique fait de vagues, de ressacs, d’apparitions fugitives. Par moment, des bribes d’univers debussyste font irruption, sans que jamais il ne s’agisse de citations véritables.

La seconde s’apparente davantage à une litanie agitée aux contours lointainement grégoriens. Une mélodie sinueuse et répétitive, et à la rythmique mouvante, se voit contrariée par des vagues d’accords en octaves liées à la main gauche. Ces deux éléments contrastés génèrent une polyrythmie tout au long d’un crescendo régulier et fiévreux conduisant à une coda abrupte.

La troisième étude prend sa source dans quelques sonorités chères à Henri Dutilleux, en hommage à qui elle fut écrite. Le groupe d’accords ponctués de sons de cloches qui ouvre la pièce en témoigne. Tout, dans la suite de l’étude, est métamorphose de motifs, jeu de couleurs harmoniques se répondant à divers endroits du clavier, échos multiples… Mais c’est un sentiment de luminosité qui investit l’ensemble de cette pièce, jusqu’à cette fin ample et colorée que pourraient dessiner les vers de Saint-John Perse : « Portes ouvertes sur les sables, portes ouvertes sur l’exil, les clés aux gens du phare, et l’astre roué vif sur la pierre du seuil… »

Thierry Escaich