Site officiel de Thierry Escaich, compositeur et organiste

 

Concerto pour orgue n° 1

1995

Orgue solo et orchestre

28 mn

• Première audition : 5/12/1995, église Saint-Eustache, Paris (France) – Henri-Franck Beaupérin (orgue), Ensemble orchestral de Paris, dir. Jean-Jacques Kantorow.

• Éditeur : Alphonse Leduc.

• Commande de la Ville de Paris

• Effectif : 2.2.2.2 – 2.2.2.0 – timb, 3 perc. – cordes.

• CD « Orchestre philharmonique de Liège » (Accord/Universal 472 2162).

 

 

 

 

 

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Pour écouter des extraits du Concerto pour orgue n° 1, cliquez sur les vignettes.

 

Thierry Escaich (orgue), Orchestre national de Lyon, dir. Jun Märkl - Enregistré à l'Auditorium Maurice-Ravel de Lyon le 12 mars 2009.

 

Fin du 2e mvt :

Concerto pour orgue n° 1 - 2e mvt

 

 

 

 

Fin du 3e et dernier mouvement :

 Concerto pour orgue, fin 3e mvt - TE, ONLyon, Märkl

 

 

 

 

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Le Concerto est avant tout bâti autour de son mouvement central, sorte de longue marche processionnelle naissant dans une brume lointaine et inquiétante, et s’élevant par une lente et constante progression d’intensité vers un sommet apocalyptique. Si l’on ne peut parler véritablement de « thèmes » pour cette pièce, on remarque des « personnages » bien définissables (bien qu’en constante transformation) répartis sous forme de strates superposées : un élément de « passacaille » dans le grave des cors rappelant l’hymne du Te Deum ; une phrase incantatoire le plus souvent à l’orgue, puisant ses contours mélodiques dans ceux du Sanctus de la Messe des défunts ; enfin, une phrase insistante par sa suite de notes répétées dont la déclinaison rappelle le thème du De Profundis.

Tout au long de cette longue et pesante litanie, la déclamation de l’orgue se fait sans cesse plus violente par une ornementation foisonnante aux allures de déclamations orientales. Après un climax écrasant, l’œuvre semble rester suspendue avant de s’achever dans une apparente sérénité à peine troublée par un dernier élan du violoncelle solo semblant faire écho aux mélismes tourmentés de l’orgue. Le premier mouvement, lui, apparaît comme un prélude dans lequel naissent et prennent forme ces divers éléments. Ainsi, on voit se dessiner progressivement l’hymne du Te Deum à travers ces bribes de phrases aux cordes graves qui tentent de s’imposer par des assauts successifs sans cesse brisés par des accords d’orgue fortissimo.

Quant au mouvement final, il commence comme un scherzo vif et tournoyant, rapidement rejoint par des résurgences des mouvements précédents qui finissent par faire évoluer la pièce vers une cadence un peu énigmatique où, dans un climat d’attente, les divers « personnages » de l’œuvre se croisent dans un dialogue de timbres foisonnant. Ici encore, l’orgue alterne entre son rôle de seconde masse orchestrale en conflit avec l’orchestre ou celui de texture sonore émergeant du sein de l’orchestre et se mêlant tour à tour aux diverses familles d’instruments en les colorant de différentes manières.

Thierry Escaich