Scènes de bal

Scènes de bal

2001

Quatuor à cordes

12 mn

• Première audition des mouvements successifs : du 25 au 29/06/2001, sur les ondes de France Musique (émission Alla breve) – Quatuor Ysaÿe.

• Première audition intégrale : 7/02/2002, salle Olivier-Messiaen, Maison de Radio France, Paris (France),

dans le cadre du festival Présences –Quatuor Ludwig.

• Éditeur : Gérard Billaudot.

• Commande de Radio France pour le Quatuor Ysaÿe.

• CD « Chorus » (Accord/Universal 476 1282).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Composée à la demande de Radio France pour l’émission Alla breve, la pièce se divise en cinq courtes danses rattachées, chacune, au souvenir d’une danse populaire (valse, tango, slow,...). L’idée poétique génératrice est cette image, si magnifiquement évoquée dans le film Le Bal d’Ettore Scola, d’une salle de bal vide et tamisée qui reprendrait vie au gré des résurgences de bals antérieurs. Si l’ensemble des pièces se découpe en cinq danses d’égale durée, la troisième s’impose par sa densité dramatique et obsédante – et inattendue en tant qu’évocation d’un slow. Les danses suivantes auront d’ailleurs bien du mal à échapper à ce climat envoûtant, comme la dernière danse qui, après avoir vainement essayé de créer une rythmique aux accents de ragtime, échouera dans une réapparition soudaine du climat sombre et pesant de la troisième.

Une fois exposé le rythme de danse initial, chaque pièce évolue comme un court « poème symphonique », avec ses progressions haletantes, ses dialogues d’éléments souvent contradictoires, ses transformations polyrythmiques, ses brusques renouvellements de la disposition dans l’espace sonore. C’est d’ailleurs ce caractère imagé du discours ainsi que l’écriture orchestrale du quatuor qui s’impose à l’écoute. « Ainsi, la valse initiale s’élance, éperdue dans une brume frémissante. Le tango qui le suit est moins identifiable à son rythme qu’a sa sombre violence. Énigmatique, morbide, le slow développé lui aussi ses obsessions rythmiques et mélodiques. Le style disco – binaire, la noire à 112 – qui s’affirme au début de la quatrième scène ne résiste pas aux sortilèges de l’esprit de variation qui culminera dans la dernière scène, un ragtime impuissant à s’installer, où les échos des précédents mouvements boucleront l’œuvre en assurant son unité. » (Gérard Condé – Le Monde)

Thierry Escaich