Lettres mêlées

2003

Violon, violoncelle et piano

20 mn

• Première audition :27/03/2003, Cité de la Musique, Paris (France), dans le cadre du salon Musicora et du Grand Prix lycéen des compositeurs – Trio Wanderer.

• Éditeur : Gérard Billaudot.

• Commande de Musique nouvelle en liberté et de « La Lettre du musicien ».

CD « Lettres mêlées » (Accord/Universal 480 1152).

 

 

 

 

 

 

Ce sont avant tout trois lettres «hommage» à trois compositeurs importants pour moi : Brahms, Bach et Bartók. Pourtant, aucune citation ne figure dans ce triptyque. Parfois, seulement, comme dans la première pièce, il nous semblera reconnaître des réminiscences de phrases aux contours et harmonies brahmsiennes, mais qui seront purement imaginées. Par contre, des éléments structurels de l’écriture de chacun des trois compositeurs ont été intégrés à mon propre langage comme, par exemple, cette instabilité binaire/ternaire si caractéristique de la mouvance rythmique et contrapontique brahmsienne. On la retrouve tout au long de la première pièce sous la forme de bribes de valses au lyrisme noir qui tentent de vouloir s’imposer par rapport à des éléments plus rigides et obstinés. D’où l’impression de tempos (et parfois même de musiques) superposés qui en résulte. Quant à l’héritage de Bach, outre l’allusion claire à la variation de choral, il se traduit dans la pièce centrale par la réapparition sous forme de strates superposées de sortes de «cantus» évoluant à des vitesses différentes dans la tradition de l’écriture canonique si chère au «Kantor».

Ces «lettres mêlées» sont aussi les lettres composant le nom de chacun des trois compositeurs (comme le fameux BACH : si bémol, la, do, si bécarre). J’y ai puisé la thématique particulière à chacun des trois mouvements, ces lettres donnant des éléments mélodiques, mais aussi harmoniques.

La définition rythmique caractéristique de chacun (comme ces groupes de doubles croches un peu «jazzy» émanant du nom de Bartók) finit d’en accentuer l’individualité.

Enfin, c’est l’enlacement de tous ces éléments qui détermine une part importante de l’évolution formelle de la pièce allant jusqu’à l’entrechoquement incessant de ces thèmes différents (et même leur intégration les uns dans les autres) dans un mouvement final vif et tournoyant.

Thierry Escaich

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