La Ronde

2000

Quatuor à cordes et piano

13 mn

• Première audition : 8/10/2000, abbaye d’Hautecombe (Savoie), dans le cadre des Nuits romantiques du Lac du Bourget – Thierry Escaich (piano), Quatuor Ysaÿe.

• Éditeur : Gérard Billaudot.

• Commande des Nuits romantiques du Lac du Bourget.

• CD «Les Nuits hallucinées» (Accord/Universal 476 4369).
• CD «Short Stories» (Quintette Tchalik /Alkonost).

 

 

 

 

 

 

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La Ronde fut écrite après une lecture de la pièce du même nom d’Arthur Schnitzler. Mais, c’est peut-être de l’adaptation cinématographique réalisée par Max Ophüls que l’œuvre musicale semble être le plus proche, allant jusqu’à y emprunter la chanson-titre (devenue célèbre) qui la parcourt et lui donne son unité. Traitée bien plus comme un souvenir mélodique que véritablement comme un thème, cette mélodie aux allures de valse nostalgique et surannée symbolise ce manège fatal des sentiments amoureux qui tourne, faisant et défaisant les couples qu’il emmène, dans une fatalité grinçante, au gré des tourments de la vie.

Si l’on voulait simplifier la structure plutôt complexe du quintette – complexe du fait de l’enchevêtrement constant des cellules thématiques et des climats musicaux différents –, on dirait qu’il s’agit d’un rondo. Les refrains seraient ces périodes où l’on semble reconnaître, dans le tintement aigu d’arpèges brisés du piano ou dans le chant murmuré d’harmoniques de cordes, la mélodie du manège. Les couplets – construits principalement comme des variations sur le matériau offert par cette mélodie – seraient, au contraire, ces passages qui tentent de conduire la pièce vers des climats musicaux franchement différents : un scherzo un peu fantasque en pizzicati de cordes, une valse lente – au centre de la pièce – presque extatique, un ostinato final agité dans lequel des réminiscences de valses tournoyantes semblent vouloir s’imposer par bouffées. Mais, comme cela a été suggéré par Schnitzler, ces diverses périodes débouchent inexorablement sur des climax dramatiques où le thème nostalgique prend, cette fois-ci, des accents tragiques.

Thierry Escaich