Trois Esquisses pour orgue

1990

Orgue

13 mn

I. Tournoiement (2 mn 30)
II. Rituel (6 mn)
III. Variations sur un souvenir (4 mn 30)

• Première audition :16/03/1991, Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (France), à l’occasion de l’inauguration du nouvel orgue Rieger – Éric Lebrun (orgue).

Éditeur : Alphonse Leduc.

• CD « Saint-Germain-des-Prés » (Chamade 5630) (II et III).
• CD « Neuf Jeunes Organistes compositeurs » (Hortus 037).
• CD « Escaich joue Escaich » (œuvres pour voix et orgue) (Calliope 9937) (I et III).
• CD « Esquisses » (Calliope 1205).

 

 

       

 

 

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Pour écouter les Esquisses, cliquez sur une vignette.


Tournoiement, par Tomoko Iwasa

 

Tournoiement_Iwasa

 

Rituel, par Tomoko Iwasa  

 

Rituel_Iwasa 

Trois Esquisses

Il s’agit d’un cycle de trois pièces écrites en 1989 et créées par Éric Lebrun lors de l’inauguration de l’orgue Rieger du Conservatoire de Paris.

 

• Esquisse I, « Tournoiement »

Cette courte pièce repose sur une phrase obstinée et méandreuse au pédalier, à laquelle une écriture en permutation de durées ajoute un caractère mouvant et instable. (On retrouvera cet ostinato, exposé cette fois de façon beaucoup plus rythmique, dans l’Esquisse III, comme une sorte de toccata finale.) Sur ce magma viennent se greffer de courtes interventions rythmiques au clavier de Positif et leurs échos au Récit. Le Grand-Orgue est réservé à des bribes de phrases plus lyriques qui s’opposent ainsi à la progression du motif obstiné. Après un bref sommet d’intensité, les deux mondes sonores se figent lors d’une brève coda où l’on assiste à la désintégration progressive du mouvement obstiné de pédale, alors que les dernières irruptions d’accords fortissimo viennent briser de manière presque inexorable et glaciale – on retrouve ainsi l’ambiance du Motet II – ce qu’il reste du tournoiement initial.

 

• Esquisse II, « Rituel »

L’Esquisse II, « Rituel », repose sur l’opposition entre deux mondes. L’un, méditatif, est construit sur la superposition et la répétition d’antiennes grégoriennes, comme une sorte de litanie ; l’autre, au contraire, plus lyrique, haletant, ponctué d’accords pesants sans cesse répétés. La forme de cette pièce, qui consiste d’abord en l’opposition brutale de ces deux mondes, s’orientera peu à peu vers leur rapprochement. Après l’aboutissement de ce rapprochement, l’œuvre s’éteindra par une longue et souple mélodie, exposée sur une nappe sonore immobile.

 

• Esquisse III, « Variations sur un souvenir »

Plus agitée, cette pièce joue sur la superposition de deux mondes sonores au début complètement distincts : d’une part, une polyphonie aux allures d’adagio mahlérien, exposée au Récit, comme le souvenir d’une élégie oubliée, et d’autre part, des interventions rythmiques plus agressives au Positif et au Grand-Orgue, reposant sur des accords de quartes et des contours mélodiques plus disjoints qui semblent vouloir se dégager par vagues successives du climat nostalgique créé par l’élément polyphonique. Au fur et à mesure de la progression, le thème rythmique semble s’imposer, entraînant la polyphonie, simplement modale au début, vers une écriture plus dense, qu’accentuent le chromatisme et la polytonalité. Une fois anéantis les derniers élans polyphoniques, la pièce se jette dans une toccata énergique, sorte de « danse sacrale » qui marque le retour du motif initial de l’Esquisse I, à laquelle l’adagio initial tentera de s’intégrer par bouffées lyriques.

Thierry Escaich